Quelle SpO2 est normale la nuit ?
Votre montre connectée ou votre oxymètre indique une baisse de votre taux d’oxygène pendant la nuit ?
Une valeur inhabituelle peut naturellement susciter des questions : la saturation en oxygène diminue-t-elle normalement pendant le sommeil ? À partir de quel niveau faut-il s’en préoccuper ? Une SpO2 basse la nuit signifie-t-elle que l’on souffre d’apnée du sommeil ?
La réponse ne dépend pas uniquement du chiffre le plus bas affiché. La moyenne de la nuit, la durée des baisses, leur répétition, la fiabilité de l’appareil et la présence éventuelle de symptômes sont tout aussi importantes.
Voici comment comprendre votre saturation en oxygène pendant le sommeil sans tirer de conclusion trop rapidement.
Qu’est-ce que la SpO2 ?
La SpO2 représente une estimation du pourcentage d’hémoglobine transportant de l’oxygène dans le sang.
Elle est mesurée de manière non invasive grâce à un capteur lumineux :
- un oxymètre placé au bout du doigt ;
- un capteur intégré à un appareil d’enregistrement du sommeil ;
- certaines montres ou bagues connectées ;
- un dispositif médical utilisé à l’hôpital ou à domicile.
Chez la plupart des adultes en bonne santé, la saturation en oxygène mesurée au repos et à l’état éveillé se situe habituellement entre 95 et 100 %.
Cette valeur peut cependant être différente chez une personne vivant en altitude ou présentant une maladie respiratoire ou cardiaque connue.
La saturation en oxygène baisse-t-elle normalement pendant le sommeil ?
Une légère diminution de la saturation en oxygène pendant le sommeil peut survenir.
La respiration devient naturellement plus lente et moins profonde, particulièrement pendant certaines phases du sommeil. Chez une personne en bonne santé, cette variation reste généralement limitée et la SpO2 demeure relativement stable.
Une baisse ponctuelle ne signifie donc pas automatiquement qu’il existe un problème.
En revanche, des chutes répétées, prolongées ou importantes peuvent traduire une perturbation de la respiration nocturne. C’est notamment ce qui peut se produire lorsque les voies respiratoires se ferment pendant une apnée ou se rétrécissent lors d’une hypopnée.
Quelle est la SpO2 normale la nuit ?
Il n’existe pas un chiffre unique permettant d’interpréter toutes les nuits et toutes les personnes.
Chez un adulte sans maladie respiratoire connue, une saturation nocturne restant majoritairement au-dessus de 90 % est généralement attendue. La moyenne se situe souvent plus près des valeurs observées pendant la journée.
Mais l’analyse médicale ne repose pas seulement sur une valeur minimale.
Un professionnel examine notamment :
- la SpO2 moyenne pendant la nuit ;
- la valeur minimale atteinte ;
- le temps total passé sous 90 % ;
- le nombre de baisses répétées ;
- l’amplitude des désaturations ;
- la forme générale de la courbe ;
- la relation avec les événements respiratoires.
Une chute isolée à 88 ou 89 % pendant quelques secondes n’a pas la même signification qu’une saturation restant basse pendant plusieurs minutes ou diminuant de manière répétitive toute la nuit.
Qu’est-ce qu’une désaturation nocturne ?
Une désaturation nocturne correspond à une baisse de la saturation en oxygène par rapport au niveau de départ.
Dans les examens du sommeil, on comptabilise souvent les diminutions d’au moins 3 ou 4 points. Par exemple, une baisse de 96 à 92 % peut être enregistrée comme une désaturation, même si la valeur reste supérieure à 90 %.
Le nombre de désaturations par heure constitue l’indice de désaturation en oxygène, également appelé :
- IDO en français ;
- ODI, pour Oxygen Desaturation Index, en anglais.
Un grand nombre de baisses rapprochées peut orienter vers un trouble respiratoire nocturne. Leur forme en « dents de scie » est notamment fréquemment retrouvée lors d’apnées répétées.
Cependant, l’indice de désaturation ne suffit pas à lui seul à établir un diagnostic.
Pourquoi la saturation en oxygène peut-elle baisser pendant la nuit ?

Plusieurs situations peuvent entraîner une SpO2 basse pendant le sommeil.
1. L’apnée obstructive du sommeil
L’apnée obstructive du sommeil est l’une des causes les plus fréquentes de désaturations répétées.
Pendant une apnée, les voies respiratoires supérieures se ferment temporairement. L’air ne parvient plus correctement aux poumons, alors que le corps continue à faire des efforts pour respirer.
Le taux d’oxygène peut alors diminuer. Le cerveau provoque ensuite un bref réveil permettant de rouvrir les voies respiratoires et de reprendre la respiration.
Cette succession peut se répéter des dizaines de fois par heure :
- obstruction de la respiration ;
- baisse de l’oxygène ;
- micro-éveil ;
- reprise respiratoire ;
- nouvelle obstruction.
La personne n’a généralement pas conscience de ces micro-éveils, mais son sommeil devient fragmenté et moins réparateur.
2. Une hypoventilation nocturne
L’hypoventilation correspond à une respiration insuffisante pour éliminer correctement le dioxyde de carbone et maintenir une oxygénation normale.
Elle peut notamment être associée :
- à une obésité importante ;
- à certaines maladies neuromusculaires ;
- à des déformations de la cage thoracique ;
- à certains médicaments sédatifs ou opioïdes ;
- à des maladies respiratoires avancées.
Dans ce cas, la courbe peut montrer une baisse plus prolongée que les désaturations courtes et répétitives observées dans l’apnée obstructive.
3. Une maladie respiratoire
La BPCO, certaines maladies pulmonaires chroniques, un asthme mal contrôlé ou d’autres atteintes respiratoires peuvent diminuer l’oxygénation pendant la nuit.
Une personne peut parfois présenter des valeurs correctes pendant la journée, mais une baisse plus marquée pendant le sommeil, notamment au cours du sommeil paradoxal.
4. Une maladie cardiaque
Certaines maladies cardiaques peuvent perturber la respiration et l’oxygénation nocturnes.
L’insuffisance cardiaque est notamment associée à des troubles respiratoires du sommeil, parfois obstructifs, parfois centraux.
5. L’altitude
Plus l’altitude augmente, plus la pression en oxygène diminue.
La saturation peut donc être plus basse en montagne, y compris chez une personne en bonne santé. Des respirations irrégulières ou des apnées centrales peuvent également apparaître lors d’un séjour en altitude.
6. Une erreur de mesure
Une baisse affichée par une montre ou un oxymètre n’est pas toujours une véritable désaturation.
Les erreurs peuvent être provoquées par :
- les mouvements pendant la nuit ;
- un capteur mal positionné ;
- une montre trop lâche ;
- une mauvaise circulation dans les doigts ;
- une peau froide ;
- du vernis à ongles ou des faux ongles ;
- la pression du corps sur le bras ;
- les limites techniques de l’appareil.
Il est donc préférable d’observer une tendance sur plusieurs nuits plutôt que de s’inquiéter à partir d’un seul chiffre.
Une montre connectée peut-elle détecter l’apnée du sommeil ?

Certaines montres et bagues mesurent la SpO2 pendant le sommeil et affichent :
- une moyenne nocturne ;
- une valeur minimale ;
- une courbe d’oxygénation ;
- des variations estimées de l’oxygène ;
- parfois des alertes respiratoires.
Ces données peuvent attirer l’attention sur une anomalie, mais elles ne remplacent pas un examen médical du sommeil.
Les capteurs portés au poignet utilisent une mesure par réflexion lumineuse. Ils sont généralement plus sensibles aux mouvements, au positionnement et au contact avec la peau qu’un capteur médical placé au doigt.
Une montre peut donc constituer un signal d’alerte, mais elle ne permet pas à elle seule de confirmer ou d’exclure une apnée du sommeil.
Quels chiffres regarder sur votre relevé nocturne ?
Lorsque votre appareil fournit plusieurs indicateurs, ne vous concentrez pas uniquement sur le minimum.
La moyenne nocturne
Elle représente la saturation moyenne enregistrée sur l’ensemble de la nuit.
Une moyenne apparemment correcte peut toutefois masquer des baisses brèves et répétées.
La SpO2 minimale
Il s’agit de la valeur la plus basse mesurée.
Elle doit être interprétée avec prudence, car un mouvement ou une perte de contact du capteur peut produire une valeur artificiellement basse.
Le temps passé sous 90 %
Cet indicateur est parfois appelé T90.
Il correspond au nombre de minutes ou au pourcentage de la nuit pendant lequel la saturation est restée inférieure à 90 %.
Un temps prolongé sous ce seuil apporte généralement davantage d’informations qu’une baisse très brève et isolée.
L’indice de désaturation
L’IDO ou ODI mesure le nombre de baisses d’oxygène par heure.
Des désaturations fréquentes peuvent être compatibles avec des événements respiratoires, mais leur origine doit être confirmée par un examen adapté.
La forme de la courbe
Une succession régulière de chutes et de remontées peut évoquer des apnées répétées.
Une diminution lente et prolongée peut davantage orienter vers une hypoventilation ou une maladie respiratoire.
L’interprétation doit néanmoins tenir compte de la respiration, de la fréquence cardiaque, de la position du corps et de la qualité du signal.
Quels signes doivent accompagner la surveillance de la SpO2 ?
Une désaturation nocturne est plus évocatrice lorsqu’elle est associée à :
- des ronflements importants ;
- des pauses respiratoires observées par l’entourage ;
- des reprises de respiration bruyantes ;
- des réveils avec une sensation d’étouffement ;
- une bouche sèche au réveil ;
- des maux de tête matinaux ;
- des réveils nocturnes fréquents ;
- une envie d’uriner plusieurs fois par nuit ;
- une somnolence pendant la journée ;
- des difficultés de concentration ;
- une hypertension artérielle ;
- un sommeil qui reste peu réparateur malgré une durée suffisante.
L’absence de somnolence importante ne permet pas d’exclure une apnée du sommeil.
Comment vérifier une désaturation nocturne ?
Plusieurs niveaux d’examen sont possibles.
L’oxymétrie nocturne
Un capteur mesure la saturation et le pouls pendant toute la nuit.
L’oxymétrie permet d’identifier des baisses d’oxygène, mais elle n’en détermine pas toujours la cause. Une courbe normale ne permet pas non plus d’exclure toutes les formes d’apnée.
La polygraphie ventilatoire
La polygraphie enregistre plusieurs signaux :
- le débit d’air nasal ;
- les mouvements respiratoires ;
- la saturation en oxygène ;
- la fréquence cardiaque ;
- les ronflements ;
- parfois la position du corps.
Elle permet de relier les baisses d’oxygène aux apnées et aux hypopnées.
La polysomnographie
La polysomnographie est l’examen le plus complet.
Elle ajoute notamment l’enregistrement de l’activité cérébrale, des mouvements oculaires, du tonus musculaire et des stades du sommeil. Elle est utilisée lorsque la situation nécessite une analyse plus approfondie.
Quand faut-il demander un avis ?
Il est utile de faire évaluer votre sommeil lorsque :
- votre SpO2 baisse régulièrement au cours de plusieurs nuits ;
- vous passez une durée notable sous 90 % ;
- votre courbe montre des baisses répétitives ;
- votre entourage observe des pauses respiratoires ;
- vous ronflez fortement ;
- vous vous réveillez avec des maux de tête ;
- vous somnolez pendant la journée ;
- vous avez une maladie respiratoire, cardiaque ou neuromusculaire ;
- vous présentez une obésité ou une hypertension difficile à contrôler.
Une valeur basse accompagnée d’un essoufflement important, d’une douleur thoracique, d’une confusion ou d’une coloration bleutée des lèvres nécessite une évaluation médicale urgente.
Faites le point sur votre risque d’apnée du sommeil
Une baisse de la saturation en oxygène pendant le sommeil peut avoir plusieurs explications.
Elle peut être liée à une erreur de mesure, mais également à des apnées répétées, à une hypoventilation ou à une maladie respiratoire.
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Le questionnaire Sleepizzzy est un outil d’orientation. Il ne constitue pas un diagnostic médical.
Questions fréquentes
Une SpO2 de 90 % pendant quelques secondes est-elle grave ?
Une valeur isolée peut être provoquée par un mouvement ou un mauvais contact du capteur. Sa durée, sa répétition et le reste de la courbe sont essentiels pour l’interpréter.
Peut-on avoir une apnée avec une saturation moyenne normale ?
Oui. Une moyenne normale peut masquer de nombreuses baisses courtes suivies de remontées rapides.
Peut-on avoir une SpO2 basse sans apnée du sommeil ?
Oui. Une maladie pulmonaire, une hypoventilation, une maladie cardiaque, l’altitude ou une erreur de mesure peuvent aussi être en cause.
L’oxymétrie suffit-elle pour diagnostiquer une apnée ?
Non. Elle peut repérer des désaturations compatibles avec des événements respiratoires, mais le diagnostic repose généralement sur une polygraphie ou une polysomnographie.
Une montre connectée est-elle fiable ?
Elle peut fournir une tendance utile, mais sa mesure reste une estimation. Une anomalie répétée doit être vérifiée avec un dispositif adapté et interprétée dans son contexte.
Relu par
Dr Guillaume Marchand
Spécialiste du sommeil
Spécialité : Psychiatre
Formation : DIU du sommeil et de ses pathologies et DU D’Expertise légale
Le Dr Marchand est Médecin spécialiste du sommeil et des troubles de la vigilance
Ancien chef de service et ancien chef de clinique de l’AP-HP
Médecin, enseignant et coordinateur de recherches cliniques, mes activités se répartissent entre le 11ème arrondissement et l’Hôtel Dieu de Paris.
Lire la biographieLes différentes pathologies du sommeil
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Test gratuitSources
- Assurance Maladie. Comprendre l’apnée du sommeil. Mise à jour du 14 janvier 2026.
- Assurance Maladie. Symptômes, diagnostic et évolution de l’apnée du sommeil.
- Haute Autorité de santé. Place et conditions de réalisation de la polysomnographie et de la polygraphie respiratoire dans les troubles du sommeil.
- Haute Autorité de santé. Avis et rapports relatifs aux dispositifs de prise en charge du syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil : indice de désaturation en oxygène et temps passé avec une SpO2 inférieure à 90 %.
- U.S. Food and Drug Administration. Pulse Oximeter Basics. Mise à jour du 26 mars 2025.
- MedlinePlus. Pulse Oximetry.
- Álvarez D et al. Oximetry Indices in the Management of Sleep Apnea. 2022.
- Labarca G et al. Chronic intermittent hypoxia in obstructive sleep apnea. 2020.





