SAHOS : prise en charge, traitements et innovations 2026

En bref Le SAHOS (syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil) est le trouble respiratoire du sommeil le plus fréquent chez l’adulte. Aujourd’hui, il touche potentiellement près d’un milliard de personnes dans le monde, dont la majorité ne sont pas diagnostiquées. Concrètement, le diagnostic repose sur un enregistrement du sommeil mesurant l’Indice d’Apnées-Hypopnées (IAH). Par ailleurs, le traitement de référence reste la pression positive continue (PPC) pour les formes modérées à sévères. Il est complété par les orthèses d’avancée mandibulaire, les modifications du mode de vie, et désormais de nouvelles approches comme les thérapies positionnelles connectées.

Qu’est-ce que le SAHOS ?

Le SAHOS, pour syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil, désigne un trouble respiratoire nocturne caractérisé par des épisodes répétés d’obstruction des voies aériennes supérieures pendant le sommeil. En pratique, on parle aussi d’apnée obstructive du sommeil (AOS) : c’est le même trouble, dans une formulation plus accessible.

Concrètement, ces obstructions provoquent soit une réduction du flux d’air (hypopnée), soit un arrêt complet (apnée). Ensuite, elles sont suivies d’un micro-éveil que le dormeur ne perçoit pas mais qui fragmente la nuit [1]. Selon des estimations récentes, jusqu’à 936 millions d’adultes âgés de 30 à 69 ans pourraient présenter un SAHOS dans le monde [2].

Comment diagnostique-t-on un SAHOS ?

D’abord, le diagnostic du SAHOS repose sur un enregistrement du sommeil réalisé en laboratoire (polysomnographie) ou à domicile avec un dispositif médical validé (polygraphie ventilatoire) [1].

Ensuite, cet enregistrement permet de calculer l’Indice d’Apnées-Hypopnées (IAH), qui correspond au nombre moyen d’événements respiratoires anormaux par heure de sommeil. C’est précisément ce chiffre qui définit la sévérité du SAHOS :

  • IAH entre 5 et 15 : SAHOS léger
  • IAH entre 15 et 30 : SAHOS modéré
  • IAH supérieur à 30 : SAHOS sévère

Par ailleurs, la sévérité est aussi évaluée à la lumière des symptômes cliniques : somnolence diurne, comorbidités cardiovasculaires, retentissement sur la qualité de vie [3].

Quels sont les symptômes du SAHOS ?

ronflement

Tout d’abord, plusieurs signes nocturnes et diurnes doivent faire suspecter un SAHOS.

Pendant la nuit, on observe des ronflements intenses et irréguliers, entrecoupés de pauses respiratoires souvent observées par le partenaire, des suffocations nocturnes et des réveils fréquents avec sensation d’étouffement [4].

Au réveil et dans la journée, les signes les plus fréquents sont les céphalées matinales, la bouche sèche, la sensation de sommeil non réparateur, la somnolence diurne excessive, la baisse de vigilance et par conséquent un risque accru d’accidents liés à la somnolence [5].

À long terme, un SAHOS non traité augmente le risque de complications cardiovasculaires (hypertension, infarctus, AVC, arythmies), métaboliques (diabète de type 2) et neurocognitives (troubles de la mémoire, de la concentration et de l’humeur) [6].

Le SAHOS, un problème de santé publique sous-diagnostiqué

D’abord, les estimations mondiales varient selon les méthodes : certaines méta-analyses évoquent une prévalence comprise entre 9 % et 38 % chez l’adulte [7]. Cependant, le constat le plus important est ailleurs : malgré cette fréquence, la majorité des personnes atteintes ne sont pas diagnostiquées, et donc pas traitées [8].

En conséquence, cet écart entre prévalence et diagnostic constitue un véritable enjeu de santé publique, compte tenu des conséquences du SAHOS sur la qualité de vie, la santé cardiovasculaire et les coûts médicaux à long terme.

Quels sont les traitements validés du SAHOS ?

La pression positive continue (PPC), traitement de référence

Aujourd’hui, la pression positive continue (PPC ou CPAP) est le traitement de référence du SAHOS modéré à sévère. Concrètement, un appareil délivre via un masque un flux d’air sous pression légère qui maintient les voies aériennes ouvertes pendant le sommeil [9].

De plus, les bénéfices documentés sont nombreux :

  • réduction significative de l’IAH et des micro-éveils
  • amélioration de la qualité du sommeil et de la somnolence diurne
  • par ailleurs, meilleure vigilance et meilleure qualité de vie
  • enfin, une réduction des risques cardiovasculaires et métaboliques [10]

Cependant, le principal défi reste l’observance. En effet, selon les études, entre 46 % et 83 % des patients n’atteignent pas l’usage recommandé de plus de 4 heures par nuit sur la durée [11]. Pour cette raison, plusieurs leviers sont essentiels : un réglage initial précis, un masque réellement confortable, un suivi régulier et un accompagnement humain pour gérer les inconforts des premiers mois.

Les orthèses d’avancée mandibulaire (OAM)

Ensuite, les orthèses d’avancée mandibulaire (OAM) sont des dispositifs dentaires sur mesure qui avancent légèrement la mandibule pendant le sommeil. De ce fait, elles augmentent l’espace pharyngé et réduisent le risque de collapsus des voies aériennes [12].

En pratique, elles sont recommandées dans plusieurs situations :

  • pour les SAHOS légers à modérés
  • en cas d’intolérance à la PPC
  • chez certains patients qui préfèrent une alternative au masque

Globalement, leur effet sur l’IAH est plus modéré que la PPC, mais elles peuvent significativement améliorer les symptômes. Toutefois, elles nécessitent une confection par un chirurgien-dentiste ou un orthodontiste formé, un bilan bucco-dentaire préalable, et ensuite un suivi pour ajuster l’avancée et surveiller d’éventuels effets secondaires (occlusion, douleurs).

La perte de poids et les modifications du mode de vie

perte de poids

D’abord, l’obésité est l’un des principaux facteurs de risque du SAHOS. En effet, la masse adipeuse péri-pharyngée réduit le diamètre des voies aériennes et favorise le collapsus nocturne [13]. Ainsi, une perte de poids de 5 à 10 % peut réduire significativement l’IAH et atténuer les symptômes, particulièrement chez les patients en surpoids [14].

Par ailleurs, plusieurs leviers complètent la prise en charge :

  • alimentation équilibrée et activité physique régulière
  • gestion des comorbidités (hypertension, diabète)
  • arrêt du tabac
  • réduction de l’alcool et des sédatifs en soirée
  • amélioration de l’hygiène du sommeil

Cela étant, ces mesures ne remplacent pas un traitement spécifique pour les SAHOS modérés à sévères, mais elles le complètent efficacement.

SAHOS : les innovations 2026

Les thérapies positionnelles intelligentes

Tout d’abord, certains patients présentent un SAHOS positionnel : leur IAH est nettement plus élevé en position dorsale. Pour eux, des dispositifs modernes intégrant des capteurs posturaux et des alertes (vibrations légères qui incitent à changer de position) permettent de réduire les événements respiratoires sans recours à la PPC [15]. Globalement, c’est une option intéressante, en complément ou en alternative, pour les formes légères à modérées.

Les dispositifs connectés de surveillance du sommeil

Par ailleurs, de nouvelles technologies non invasives — capteurs sous-matelas, dispositifs radar, montres et trackers connectés — permettent un suivi continu de la respiration, de la fréquence cardiaque et des mouvements pendant la nuit [16]. Ainsi, elles aident à identifier des profils à risque et à orienter vers une évaluation médicale.

Néanmoins, ces outils ne remplacent pas une polysomnographie ou un test médical validé pour poser le diagnostic de SAHOS ou ajuster un traitement [17]. En pratique, ils restent des aides au repérage, pas des outils diagnostiques.

Vers des parcours de soins personnalisés

Enfin, les recommandations cliniques récentes confirment que, après la PPC, les orthèses d’avancée mandibulaire sont la thérapie de choix chez les patients intolérants ou souhaitant une alternative, sous réserve d’un suivi approprié [18].

Cependant, dans la pratique, malgré la disponibilité des traitements, de nombreux patients ne bénéficient pas d’une prise en charge optimale : préférences personnelles, tolérance, diagnostic tardif, manque d’accès aux spécialistes ou absence d’accompagnement dans la durée [19]. C’est précisément ce que les parcours numériques de dépistage et de suivi cherchent aujourd’hui à améliorer.

Conseils pratiques pour mieux vivre avec un SAHOS

Hygiène de sommeil et mode de vie

D’abord, que vous soyez sous PPC, sous orthèse ou en attente de diagnostic, plusieurs gestes simples renforcent l’efficacité de la prise en charge :

  • horaires de coucher et de lever réguliers, y compris le week-end
  • éviter les écrans et la lumière bleue au moins une heure avant le coucher
  • limiter les repas lourds, l’alcool et les sédatifs en soirée
  • chambre calme, sombre et fraîche (18-20 °C), literie confortable
  • par ailleurs, adopter une position latérale pour dormir, particulièrement en cas de SAHOS positionnel
  • enfin, en cas de surpoids, viser une perte de poids progressive sous supervision médicale

L’importance du suivi médical personnalisé

En premier lieu, même si des dispositifs connectés peuvent compléter l’analyse, seul un enregistrement médical validé (polysomnographie ou polygraphie ventilatoire reconnue) permet de poser un diagnostic fiable de SAHOS et d’orienter un traitement.

Ensuite, le spécialiste du sommeil — pneumologue, ORL, neurologue ou médecin formé à la médecine du sommeil — évalue l’ensemble des facteurs : IAH, symptômes, comorbidités, tolérance, mode de vie. De plus, si un traitement est prescrit, un suivi régulier est indispensable : ajustement de la pression PPC, surveillance de l’observance, évaluation des bénéfices et des effets secondaires.

Pour finir, une prise en charge pluridisciplinaire — médecin, dentiste, diététicien, accompagnement à l’observance — améliore significativement les chances de succès à long terme.

Conclusion

En 2026, la prise en charge du SAHOS combine des traitements éprouvés (PPC, orthèses d’avancée mandibulaire, modifications du mode de vie) et des innovations prometteuses, tant technologiques (dispositifs positionnels, suivi connecté) qu’organisationnelles (parcours individualisés, dépistage simplifié).

Cependant, quel que soit le traitement choisi, la personnalisation, la tolérance et le suivi régulier restent les clés d’un résultat durable. Au final, un diagnostic précis posé par un professionnel du sommeil, suivi d’une prise en charge adaptée, transforme réellement la qualité de vie des personnes concernées par le SAHOS.

FAQ : SAHOS et apnée obstructive du sommeil

Quelle est la différence entre SAHOS et apnée du sommeil ? SAHOS et apnée obstructive du sommeil désignent en réalité la même pathologie. D’une part, « SAHOS » est l’acronyme médical (syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil). D’autre part, « apnée du sommeil » est la formulation grand public.

Le SAHOS se guérit-il ? Globalement, le SAHOS ne se guérit pas spontanément dans la majorité des cas, mais il se traite très efficacement. En effet, la PPC, les orthèses d’avancée mandibulaire et la perte de poids peuvent supprimer les symptômes et leurs conséquences. Par ailleurs, chez certains patients, une perte de poids importante peut réduire significativement la sévérité du SAHOS.

Comment savoir si j’ai un SAHOS ? Tout d’abord, les principaux signes évocateurs sont les ronflements intenses, les pauses respiratoires observées par le partenaire, la somnolence diurne excessive et la fatigue persistante. Cependant, seul un examen médical du sommeil (polysomnographie ou polygraphie ventilatoire) permet de confirmer le diagnostic et d’évaluer la sévérité.

Quel est l’IAH normal ? En général, un IAH inférieur à 5 événements par heure est considéré comme normal. Au-delà, on parle de SAHOS : léger entre 5 et 15, modéré entre 15 et 30, sévère au-delà de 30.

Combien de temps faut-il porter sa PPC chaque nuit ? En pratique, l’usage recommandé est d’au moins 4 heures par nuit, mais le bénéfice est dose-dépendant : plus la durée d’utilisation est longue, plus le bénéfice clinique est important. Idéalement, il faut porter la PPC durant toute la nuit.

Peut-on traiter un SAHOS sans PPC ? Oui, dans certaines situations. D’abord, pour les SAHOS légers à modérés, les orthèses d’avancée mandibulaire, la perte de poids et les thérapies positionnelles peuvent suffire. Cependant, pour les formes modérées à sévères, la PPC reste le traitement de référence — mais les alternatives sont possibles en cas d’intolérance.

Le SAHOS est-il pris en charge par la Sécurité sociale ? Oui. En effet, le diagnostic du SAHOS (consultation et examen du sommeil) et son traitement par PPC sont pris en charge par l’Assurance Maladie selon les critères en vigueur. Par ailleurs, les orthèses d’avancée mandibulaire bénéficient également d’une prise en charge dans certaines conditions.


Sources

[1] American Academy of Sleep Medicine (AASM), Clinical Practice Guideline for Diagnostic Testing for Adult Obstructive Sleep Apnea, 2017.

[2] Benjafield A.V. et al., Estimation of the global prevalence and burden of obstructive sleep apnoea: a literature-based analysis, The Lancet Respiratory Medicine, 2019;7(8):687-698.

[3] Haute Autorité de Santé (HAS), Évaluation du syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil, 2014.

[4] Assurance Maladie (Ameli), Apnée du sommeil : symptômes et diagnostic, 2025.

[5] Sleep Foundation, Sleep Apnea Symptoms and Daytime Effects, 2024.

[6] European Society of Cardiology (ESC), Guidelines on sleep apnea and cardiovascular disease, 2021.

[7] Senaratna C.V. et al., Prevalence of obstructive sleep apnea in the general population: A systematic review, Sleep Medicine Reviews, 2017.

[8] Santé publique France, Le syndrome d’apnées du sommeil en France : un syndrome fréquent et sous-diagnostiqué, BEH, 2012.

[9] Patil S.P. et al., Treatment of Adult Obstructive Sleep Apnea with Positive Airway Pressure: An American Academy of Sleep Medicine Clinical Practice Guideline, J Clin Sleep Med, 2019.

[10] Vecchierini M.F. et al., Sharp increase in the prevalence of patients treated with continuous positive airway pressure in France, PLOS ONE, 2021.

[11] Rotenberg B.W., Murariu D., Pang K.P., Trends in CPAP adherence over twenty years of data collection: a flattened curve, Journal of Otolaryngology – Head & Neck Surgery, 2016.

[12] Ramar K. et al., Clinical Practice Guideline for the Treatment of Obstructive Sleep Apnea and Snoring with Oral Appliance Therapy, AASM/AADSM, 2015.

[13] Peppard P.E. et al., Longitudinal study of moderate weight change and sleep-disordered breathing, JAMA, 2000.

[14] Hudgel D.W. et al., The Role of Weight Management in the Treatment of Adult Obstructive Sleep Apnea, American Thoracic Society Clinical Practice Guideline, 2018.

[15] Ravesloot M.J.L. et al., Positional therapy in obstructive sleep apnea patients: a systematic review, Sleep and Breathing, 2013.

[16] de Zambotti M. et al., Wearable Sleep Technology in Clinical and Research Settings, Med Sci Sports Exerc, 2024.

[17] AASM Position Statement, Consumer Sleep Technology, 2018.

[18] European Respiratory Society (ERS), Statement on Mandibular Advancement Devices in OSA, 2021.

[19] Sahnoun H. et al., Epidemiology and management gaps in obstructive sleep apnea, 2023.

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